En ce beau mois d’avril, nous nous sommes réunis chez Clémence pour parler d’un livre culte : La vie devant soi de Romain Gary !

Nos avis
Tatiana (avis copié/collé) : C’est une lecture que je classerais dans « bien aimé, sans plus ». J’ai beaucoup aimé le style d’écriture un peu enfantin qui nous plonge dans la tête d’un gamin de 10 ans (même s’il en a 14 en vrai), avec ses préjugés et ses mots d’enfant (« proxynète »). Avoir adopté ce style rend le roman d’autant plus émouvant, car les passages tristes sont abordés avec un certain humour. Je trouve également qu’il y a une réflexion très intéressante sur le sujet de la fin de vie (par exemple,quand Momo se demande pourquoi les animaux ont droit à ce qu’on abrège leurs souffrances mais pas les humains – c’est une question que je me suis moi-même posé). En revanche, j’ai trouvé la narration un peu décousue – sans doute voulu du fait du fameux style enfantin – ce qui fait que j’avais parfois du mal à suivre et à comprendre où on en était dans l’histoire.
Mickaël (avis copié/collé) :
J’ai adoré ce livre. L’histoire m’a beaucoup touché et le style est incroyable. J’adore la façon qu’à Momo de regarder le monde son entourage et le décrire d’une manière à la fois réaliste et imagée. Pour moi, ce livre parle du trauma. comment on le vit et comment on le survit : notamment grâce aux autres (madame Rosa avec les enfants) et grâce à la solidarité (entraide de Lola). Mais il n’occulte pas les limites de ces moyens de réparation. Madame Rosa reste anéantie par la peur et les cauchemars et ce, malgré tous les efforts de Momo. Elle ne peut surmonter totalement ses angoisses et sa maladie.
Chaque personnage est écorché mais j’apprécie l’absence de jugement et la douceur de la narration du jeune momo, pleine de naïveté et de formulations drolissime. À mon avis, le sens de cette histoire réside dans le titre. La vie devant soi, parce que malgré tout ce qui a été traversé (qu’il s’agisse de Momo ou de madame Rosa), le regard se tourne naturellement vers l’avenir et la survie. J’ai vu dans ce récit un vrai message qui ne nous fait ni renoncer au passé, ni ressasser ce discours archi-galvaudé selon lequel il faut faire du passé une force mais uniquement qu’on peut composer avec son histoire avec laide des autres.
Clémence D.S. : J’ai eu un peu de mal au début avec l’écriture du narrateur, qui a finalement emportée avec elle au fur et à mesure qu’il grandissait et accompagnait Madame Rosa jusqu’au bout. C’est sans doute une belle illustration de ce devrait être l’amour : il ne le rend pas aveugle, il voit les défauts de cette femme, ses failles,et pourtant il l’aime sans pour autant s’interdire de voir le monde autour. Il aime avec ce qu’il est et ce qui lui manque. Malgré sa « monstruosité », il fait sienne la mission de lui éviter l’hospitalisation.
Anelise n’a pas accroché et a abandonné le livre au bout de quelques pages.
Les coups de cœur
Clémence D.S. : La maison aux esprits d’Isabel Allende
Tatiana : Dans la jungle d’Adeline Dieudonné ; À la recherche de la beauté de Corina Bomann, Au-delà du désert de Kristin Hannah
Anelise : les 2 premiers tomes du Secret des Agapanthes de Clarisse Sabard
Et la prochaine fois, on lit quoi ?
Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent

