« M comme meurtre » d’Anthony Horowitz

Vous connaissez peut-être Anthony Horowitz, auteur de livres policier et fantastique pour la jeunesse (dont la série Alex Rider) et scénariste pour la télévision. Je le découvre pour ma part avec M comme meurtre ?, un thriller original qui a su me tenir en haleine, malgré ses quelques longueurs et un dénouement qui ne m’a pas totalement convaincue.

Anthony Horowitz nous offre une sorte de roman policier « méta » dans lequel il se met en scène, incarnant son propre rôle. Il se glisse en effet dans la peau d’un auteur à succès, notamment sollicité pour écrire une série sur Hercule Poirot, un roman sur Sherlock Holmes ou encore un scénario autour de Tintin commandé par Steven Spielberg. Il se voit confier une autre mission d’écriture, non cette fois, par une grosse boîte de production ou un grand réalisateur, mais par un ancien policier devenu détective, antipathique au possible, doté d’un ego surdimensionné, mais impressionnant de perspicacité : Daniel Hawthorne. La mission confiée par Hawthorne ? Le suivre sur une affaire digne d’une intrigue d’Agatha Christie et en faire l’objet de son prochain roman.

L’affaire en question ? L’assassinat présumé de Diana Cowper, une veuve sexagénaire mère d’un comédien en vogue, quelques heures après avoir organisé ses funérailles dans une entreprise de pompes funèbres. Est-ce un curieux hasard ? Une macabre coïncidence ? Ce duo à la Holmes et Watson va embarquer le lecteur dans le passé trouble de cette femme, dans la vie sulfureuse de son fils… Nous entrons alors dans un roman policier de facture classique, efficace, avec des interrogatoires, des témoignages plus ou moins concordants, des fausses pistes en voulez-vous en voilà, des rebondissements en pagaille… À ceci près que nous sommes en présence d’un enquêteur-malgré-lui – ce qui donne lieu à des scènes croustillantes – peu aguerri en matière de résolution de crimes, mais pas dénué d’un certain sens de l’écoute et de l’observation.

Côté écriture, elle est assez précise pour nous faire imaginer et vivre les événements – on reconnaît là l’art de la scénarisation d’Anthony Horowitz. J’ai ressenti quelques longueurs dans les scènes sur « l’autre vie » d’Anthony (son rendez-vous avec Spielberg et Jackson, notamment) qui me semblaient superflues.

En résumé, nous sommes sur un joli page-turner, original, qui devrait follement amuser les adeptes d’enquêtes d’Agatha Christie et Arthur Conan Doyle. Si vous l’avez lu, je serais heureuse d’avoir votre avis sur la fin !

Livre reçu dans le cadre de la Masse Critique de Babelio.